Bulle Coupole Piscine Tournesol (1973-1982) Fabrication – Industrialisées – FRANCE
Virginie Maneval

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(Les Piscines) Tournesol (1969-1984)









La piscine Tournesol de Barlin lors de sa construction

Le maire de l’époque, Raymond Derancy, et son conseil municipal surent saisir cette opportunité pour remplacer la vieille piscine de plein air du jardin public. Jean Marc Place nous a fait parvenir ces photos qui nous remémorent la construction de la piscine Tournesol de Barlin.




La piscine Tournesol achevée vue de la rue d’Aubigny



Piscine Tournesol 


 









BERNARD SCHOELLER (1929)
Né en 1929, il fait ses études à l’École nationale des beaux-arts de Paris. Il s’associe ensuite avec les frères Xavier et Luc Arsène Henry. Il remporte, en 1969, le concours pour l’opération 1000 piscines  avec sa proposition de la piscine dite « Tournesol ». Le modèle qu’il propose est couvert d’une voûte en plastique escamotable qui lui permet de se transformer en piscine de plein air. Il en réalise 183 dans toute la France entre le milieu des années soixante-dix et le début des années quatre-vingt. Il s’installe ensuite à son compte. Son activité porte alors principalement sur la construction de logements sociaux, d’immeubles de bureaux, d’ensembles industriels. Passionné d’automobiles et de technique, il défend l’idée d’une architecture industrielle et expérimentale.



CONTEXTE :
Suite aux mauvais résultats français en natation aux jeux olympiques de 1968, le secrétariat d’État à la jeunesse et aux sports décide d’équiper les municipalités en piscines. Il lance en 1969,
dans le cadre de l’opération « 1000 piscines », deux concours pour la construction de piscines industrialisées. Le premier porte sur les piscines transformables en centre-ville, le second concerne les petites villes. La réponse doit être innovante, économique et facilement reproductible. C’est l’un des derniers exemples d’intervention de l’État dans une architecture nationale standardisée, les communes prenant leur autonomie avec les lois de décentralisation de 1982 puis 1986.



DESCRIPTION :
Bernard Schoeller remporte le premier prix avec des projets d’une grande simplicité comme celui de la piscine Tournesol. L’originalité du projet est double. Schoeller propose en effet de construire une piscine recouverte de plastique. On peut y voir une parenté avec la maison Bulle six coques de Jean Benjamin Maneval. Entièrement en plastique, elle est conçue en 1964 et commercialisée en 1968-1970. Sa coupole escamotable permet de transformer en été la piscine couverte qui devient une piscine de plein air. La coupole peut en effet se déplacer électriquement permettant de découvrir la piscine sur un angle de cent vingt degrés, soit un quart de sa circonférence. Telle la plante héliotrope, elle peut s’ouvrir dès les premiers rayons du soleil. Ce parti-pris intéresse particulièrement les municipalités, car il permet de s’adapter aux saisons. De plus, sa conception prévoit que sa coupole mobile soit largement éclairée par des hublots ovoïdes en Plexiglas. Cela accentue pour le baigneur l’effet de perspective. Le hublot inférieur a la taille d’une grande fenêtre.



Une fabrication en série :
Prévue pour être reproduite à de nombreux exemplaires, Bernard Schoeller envisage une fabrication en série. Différents appels d’offres sont lancés, pour mettre au point des composants industrialisés. Ainsi, la réalisation de la coupole et du bassin est confiée à la société Durafour. Pour la coupole, la difficulté est d’imaginer un système étanche, doté d’un mécanisme d’ouverture permettant le roulement des parties mobiles. La solution est trouvée par l’ingénieur Thémis Constandinis qui conçoit une ossature de trente-six arcs métalliques en treillis de tubes soudés.
Douze sont escamotables. Entre ceux-ci, sont insérées des coques en plastique réalisées par la société Matra. Formés de panneaux sandwich en polyester armé, de fibres de verre enrobant une mousse phénolique ininflammable assurant l’isolation thermique, la moitié de ces coques est percée de rangées de sept hublots ovoïdes en Plexiglas. Quant au bassin, il est réalisé en béton préfabriqué et recouvert de résine époxy antidérapante. Ces larges plages surdimensionnées apportent du confort aux visiteurs. Les locaux sont cloisonnés par des panneaux sandwich en
polyester stratifié moulé. Ces éléments industrialisés, qui représentent quatre-vingts pour cent des composants de la piscine, sont ensuite fournis par les sociétés Matra et Durafour aux entreprises locales. Celles-ci réalisent sur place uniquement le gros oeuvre et les réseaux techniques.



Le prototype est réalisé en 1972
et les premières constructions apparaissent début 1973.

Cette Piscine  Tournesol  a fait florès en France avec 183 municipalités qui se sont équipées de ce module entre 1972 et 1984. Trois ont été montés au Luxembourg.


La Maquette


La préfabrication légère ou la science de l’assemblage ». Réalisée en plexiglas, métal, résine, elle représente la piscine Tournesol à l’échelle 1/75e La maquette montre la piscine découverte avec sa voûte coulissante ouvrable à 120° qui laisse entrevoir les plages pour les baigneurs, le bassin unique, les blocs de vestiaires et d’accueil à l’arrière-plan. Le plexiglas rend bien compte du matériau plastique qui constitue les conques de la coupole. Cette piscine reproductible en série a été proposée en quatre coloris : sable, jaune, rouge ou bleu ciel.


L’organisation spatiale :
Tous les équipements sont logés sous la coupole excepté ceux liés au chauffage, à la filtration et la stérilisation de l’eau qui sont abrités dans un local en dehors. Le hall d’entrée et les vestiaires collectifs assortis de quelques cabines privées sont organisés en arcs de cercles, dans le quart Nord.


Le montage :
Une fois les fondations en béton posées, le montage de l’ossature peut commencer. Il consiste à assembler et à monter d’abord les quatre arcs principaux assurant la stabilité de l’ouvrage puis les
arcs secondaires disposés tous les 10 degrés.


BIBLIOGRAPHIE
Gérard Monnier, L’architecture du XXe siècle, un patrimoine,CRDP-Créteil,
Scérén-CNDP, 2004.
Gérard Monnier, Richard Klein, Les années ZUP. Architectures de la croissance
1960-1973, Paris, Picard, 2002.
D’Architectures, n°104, septembre 2000.




FICHE TECHNIQUE DU
BÂTIMENT

Architecte 
Bernard Schoeller

Dates de construction :
entre 1973 et 1982
Dimensions :
Diamètre : 35 mètres
La piscine Tournesol possède un bassin
mesurant 25 mètres de long sur 10 mètres de largeur Hauteur : 6 mètres.






Une piscine Tournesol à Blois (1977)
Sur cette photo est visible la charpente métallique en forme de coupole dont la couverture était en polyester. C’est en 1975 sur le site de la plaine de jeux du quartier Croix-Chevalier que débuta le chantier d’une piscine Tournesol. Ce type de piscine fut conçu par le cabinet d’architecte de Bernard Schoeller dans le cadre du programme gouvernemental dit des Mille piscines dont un des objectifs était de renforcer la pratique de la natation en France. Le développement de tels équipements sur le territoire national fut rendu possible par des coûts de construction peu élevés grâce à des procédés de fabrication industrialisés. Les villes bénéficiaires de ce programme avaient le choix, selon les disponibilités, entre plusieurs modèles : « Caneton », « Plein soleil », « Plein ciel », « Iris » ou « Tournesol ». Blois choisit initialement le modèle « Plein soleil » et c’est finalement celui de « Tournesol » qui lui fut attribué. Inaugurée le 10 mars 1976, la piscine Tournesol de Blois fut une des 183 piscines en France bâties sur ce modèle. Reconstruite en 2013 après un incendie en 1999, la structure d’origine a été remplacée.




Rénovation d’une Piscine Tournesol







Un coup de jeune pour la piscine Tournesol de Lingonsheim



 

 



 








 




 





Piscine Tournesol de Bernard Schoeller à Nemours (77)



La piscine « Tournesol » est une piscine issue du programme national de construction de piscines de type industriel, lancé au début des années 1970, qui a entrainé la construction de quelques 183 piscines de ce type en France à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

Ce programme a été initié dès 1969 par le Ministère de la Jeunesse, des sports et des loisirs, sous le titre “1000 piscines” et avait pour but l’apprentissage de la natation, suite aux mauvais résultats des nageurs français aux Jeux Olympiques d’été de 1968. Environ 600/700 piscines ont été construites, de type Iris, Plein-Ciel-Plein-Soleil, Caneton et enfin Tournesol, lauréat des deux concours d’idée.

Le type Tournesol, le plus caractéristique et le plus répandu, est l’œuvre de l’architecte Bernard Schoeller, appartenant à l’époque au cabinet Arsène-Henry, assisté de l’ingénieur Thémis Constantinidis pour la structure et de la société Matra pour les matériaux. 183 exemplaires ont été construits sur les 250 prévues.



Piscine intercommunale de Lesparre-Médoc
3 avenue du Docteur Benaben, 33340 Lesparre-Médoc



Suite aux chutes de grêle: la piscine publique de Lesparre – Medoc
Elle devrait finalement être hors service cet été.

Réouverture probable en septembre 2016



 






Les « Tournesol » sont reparties pour 40 ans




Réhabilitation de la piscine Tournesol,Ville de Sens – C3B – Groupe Vinci




















 









 Vue de la Tournesol en Cartes Postales




 










 



Les piscines aujourd’hui :
La plupart de ces piscines se sont rapidement dégradées. Les communes désormais responsables de l’entretien des équipements collectifs, font souvent le choix de les remplacer par des équipements neufs comme Montigny le Bretonneux qui a démonté la sienne pour la remplacer par un centre nautique. Depuis quelques années, les bâtiments restants font l’objet d’une protection. Ainsi la piscine de Bonneveine, à Marseille, a été classée « Patrimoine du XXe siècle ». La fin de leur production coïncide avec la fin des politiques volontaristes de l’état en matière d’équipements sportifs et socio-éducatifs à grande échelle.



Artiste à Bulles





 


 

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